jeudi 17 décembre 2020
mardi 20 février 2018
TRAVIATA-MINUTE par la Compagnie-Opéra.3 - Avant-premières le 23/02/18, lien pour inscription si places disponibles-
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfe-glZ6AoDYQUh8oN2qwOUMEXHFu7ocp5JiaaXP-3NGTKw3w/viewform
vendredi 15 décembre 2017
CARMEN, musique/Georges Bizet, livret-poème/Henri Meilhac et Ludovic Halévy - mes/Calixto Bieito, dm/Mark Elder - Bastille/25.06.17/Culturebox/16.07.17 -
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| Prosper Mérimée - 1803/1870 - |
http://cantatablu.blogspot.fr/2017/05/carmen-musiquegeorges-bizet-livret.html
jeudi 21 septembre 2017
CARMEN, musique/Georges Bizet, livret-poème/Henri Meilhac et Ludovic Halévy - mes/Nicola Berloffa, dm/Claude Schnitzler - Opéra de Rennes, 08.06.2017 -
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| Georges Bizet / photo Carjat |
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| Ludovic Halévy (assis) et Henri Meilhac |
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Célestine Galli-Marié
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Février 2017, "Carmen" nue, dans son plus simple appareil, "sans les artifices d'une mise en scène, structure musicale et forme versifiée, comme une leçon d'anatomie,(TCE/01.17/France-Musique/19.02.17/dm. Simone Young). Lien/blog/ci-dessous :
http://cantatablu.blogspot.fr/2017/05/carmen-musiquegeorges-bizet-livret.html
mardi 25 juillet 2017
OTELLO - musique/Giuseppe VERDI, livret/Arrigo BOÏTO, d'après William SHAKESPEARE - dm/Antonio PAPPANO, mes/Keith WARNER, ROH/ciné-live/28.06.2017 - ESULTATE !!! -
Avant de rentrer dans les transes musicales de l'OTELLO de Verdi/Boïto-ROH/2017, abordons la mise en scène de Keith Warner, antipathique par ses quelques loupés et ses décors réfrigérants (Boris Kudlicka). Inélégants les panneaux coulissants, comme des tôles de chantier de différents coloris, où seules des meurtrières rappellent le 15ème siècle du livret. Maigre choeur figé dans un coin, arbre mort, lys clairsemés, une scène des fleurs peut-être volontairement désolante (II/3), alors que ce temps de bonheur pour Desdemona devrait plutôt s'opposer visuellement aux premiers stigmates de la jalousie d'Otello, qui lui précèdent. Et, face au délire violent de ce dernier sur l'hypothétique infidélité de sa femme (III/9), faible idée que ce graffiti blanc "Ecco il Leone", redite du texte sur un panneau noir passant en fond de scène ! Jusque-là portant coquets pourpoint et chausses -15ème siècle, voici notre Jonas Kaufmann/Otello costumé d'une djellaba et d'un saraouel, en tissus grossiers, pour aller tuer Desdemona (IV/3). D'un goût douteux... Pour K.Warner est-ce un retour à ses origines mauresques qui pousse notre général de l'armée vénitienne au crime, ou les complexes de sa négritude, de son âge, fondus dans la jalousie ? Enfin, d'un gore carnavalesque, les litres d'hémoglobine coulant de sa poitrine au moment du suicide (IV/4-scène finale). En revanche, les costumes d'époque de Kaspar Glarner sont remarquables, par la finesse des formes, la richesse des matériaux et K. Warner dirige impeccablement ses chanteurs-acteurs. Pour autant, je le trouve inexcusable, parce que ses choix scénographiques freinent les émotions portées par le drame, les chanteurs et la musique, au lieu de les exalter.
"Elle impressionnera sans vouloir faire impression", dit Boïto de Desdemona (cf. "Disposizione scenica"/1888). Et c'est un style dépouillé mais intense que Maria Agresta veut pour son épouse d'Otello. Premier duo avec lui, "Già nella notte densa" (I/3), invitation à la quiétude et à la tendresse, cantabile liquidissime et nuances délicates. Premiers soupçons de l'époux (II/4) et le chant d'Agresta se charge de chagrin. Ses yeux seront pleins de larmes lorsqu'il la traite de "vil cortigiana" (III/2) et jusqu'à sa mort. En fin, un cor anglais, deux flûtes, le chalumeau de deux clarinettes (registre grave), des instruments à vent, mais aucune corde pour un Prélude du IV, sans fard, comme notre Desdemona. Puis, "Canzon del salice" et "Ave Maria", d'une sensibilité lumineuse.
Belles découvertes : Frédéric Antoun/Cassio de voix et jeu racés, Kai Rüütel/Emilia franche et sensible, In Sung Sim/Lodovico robuste comme impeccable. Bons comprimari : Thomas Barnard/Un hérault, Thomas Atkins/Roderigo, Simon Shibambu/Montano.
Pour Antonio Pappano cet "Otello"est un Everest et les Everest vont bien à Pappano ! Il a la vigueur, la générosité, l'endurance indispensables pour diriger guerre des nerfs et fond des coeurs, audaces harmoniques et subtilités mélodiques du "capolavoro" des dernières verdeurs verdiennes. Une direction musicale et un Orchestre/ROH rutilants, des Choeurs/ROH détonants.
Le "projet chocolat", comme l'appelait "Big boss Peppino" (Verdi), était une proposition amicale mais bien calculée de Giulio Ricordi son éditeur, soutenu par l'amie de toujours Clara Maffei (1879). Il aura fallu cinq ans et deux panettoni décorés d'un petit nègre en chocolat -offerts par Ricordi aux Noëls 1881 et 1882- pour mettre Verdi au travail (1884), avec Arrigo Boïto comme librettiste. "Otello", une des cathédrales de l'art lyrique, édifiée par deux colosses du drame musical, un compositeur dans sa plénitude et un librettiste-poète à la patte stylée, resplendit par sa densité et sa précision dramatiques, son lyrisme coruscant. Superbe cohésion entre musique et livret, "l'investissement idéal du sens dans le son" comme dit si bien Jean-Michel Brèque/ASO n°3/1990. Esultate !!!
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mercredi 14 juin 2017
- SONYA YONCHEVA, surnom "Yonchy l'aurora" -
vendredi 12 mai 2017
CARMEN, musique/Georges Bizet, livret-poème/Henri Meilhac et Ludovic Halévy -dm/Simone Young, TCE/01.2017/France-Musique/19.02.17- BIZET JE T'ADORE -
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| Georges Bizet |
La Carmen de Marie-Nicole Lemieux et le Don José de Michael Spyres sont "oiseaux rebelles", comme le personnage de Carmen, chez Bizet, était symbole de transgression, il y a longtemps. Marie-Nicole Lemieux n'obéit pas à la loi des chanteuses-sylphides, imposée par trop de metteurs en scène aujourd'hui. Elle ne songe même pas à une version scénique de sa Carmen du TCE/2017 (Forumopera.com/B.Cormier/26.01.17) ! Pourtant, son délit de rondeurs, divinement habillées d'une robe bleu électrique et noire, y a révélé une zingara aux attraits chatoyants... Michael Spyres, lui, brave l'opinion du lyricomane impitoyable, rompu aux ténors puissants dans le rôle du navarrais, plus qu'aux dentelliers belcantistes distingués comme lui (Concertclassic.com/F.Lesueur/30.01.17). A fleur de tendresse et à fleur de fureur, son Don José sait nous apprivoiser.
De Bouhy à Bou, il y a eu abondance d'Escamillos ! (JJA.Bouhy, premier Escamillo/1875). Mais, avec Jean-Sébastien Bou, oublions les usages d'un torero fanfaron et grandiloquent. Il l'a voulu austère, ce qui lui donne une profondeur inattendue (Olyrix/D.Dutilleul/02.02.17). Sa voix minérale et vigoureuse, paysage de granit noir, porte en elle le combat contre la mort, réalité immuable du quotidien d'Escamillo. Souvent mal ou non exécutés par d'autres interprètes, les appogiatures et triolets de doubles croches fusent dans l'Air du toréador (II/14), nets, minutieux, parfaits !
Dans la "Carmen" de Mérimée, nouvelle d'une violence impressionnante, Micaëla n'est pas un personnage mais la jeune navarraise des rêves de Don José. Les librettistes de Bizet l'ont créée. Liquide, lumineux, de rotondités opalines et fraîcheur de lait, le chant de Vannina Santoni insuffle toute la bonté et l'innocence de cette jeune fille dans le duo exquis avec Spyres/Don José (I/7). Au III/22, dans "Je dis que rien m'épouvante", alla Gounod professeur adoré de Bizet, ce soprano lyrique fascine par sa plastique dramatique, par la détresse de sa Micaëla. A mon avis, la Santoni est une forte Suor Angelica/Puccini en devenir (Youtube).
Le lieutenant Zuniga de Jean Teitgen est épatant. J'entends cette basse talentueuse, ces graves onctueux et insondables, dans les tragiques et horribles Silva de Ernani/Verdi ou encore Aleko et Malatesta des deux courts opéras de Rachmaninov, entre autres...
Drôle et appréciable, le baryton-basse/Frederic Goncalves en galant brigadier Morales dans les premières scènes.
Frasquita/Chantal Santon-Jeffery et Mercedes/Ahlima Mhamdi, pimpantes et malicieuses, Le Dancaïre/Francis Dudziak et Remendado/Rodolphe Briand, bons pistolets et roublards courtois, campent des gitans de premier ordre, chant et Français haut de gamme. Quintette (II/15), Sextuor (III/19) ou autres ensembles, leurs caquetages moqueurs ou philosophiques, badins ou hardis font la part d'opéra comique ingénieuse et succulente de l'écriture de Bizet.
Soldats enjoués, un des plus beaux choeurs d'enfants de l'histoire de l'opéra, cigarières et leurs frivoles fumées, bohémiens libres ou en danger...les choeurs sont partout dans "Carmen". Contrepoint stupéfiant, acclamant le toréador Escamillo au final du IV, ils sont la fête là où est la tragédie, lorsque Don José poignarde Carmen...Comme des protagonistes, le Choeur de Radio-France et la Maîtrise de Radio-France, royalement préparés respectivement par Lionel Sow et Sofi Jeannin, déterminent le drame.
Je ne peux malheureusement pas parler de la mise en espace de Laurent Delvert, ayant écouté cette production -en boucle- sur France-Musique et non en salle.
Pour conclure, la place de "Carmen" dans l'histoire de l'opéra, analyse impeccable de René Leibovitz:
jeudi 20 avril 2017
LA GAZZA LADRA, musica/Gioachino Rossini, libretto/Giovanni Gherardini - direttore/Riccardo Chailly, regia/Gabriele Salvatores, La Scala/Milano/ciné-live/18.04.2017 -
samedi 17 décembre 2016
HERBERT VON KARAJAN par Sylvain FORT - Une autobiographie imaginaire - Actes Sud/Classica -
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samedi 15 octobre 2016
KARINE DESHAYES - mezzo-soprano - CD - GIOACHINO ROSSINI (1792/1868) - avec Raphaël Merlin/dm, Les Forces Majeures/orchestre - CD/apartemusic.com/2015 -
CD de double traversée, essence de la musique rossinienne tressée dans le coeur du chant de Karine Deshayes. Le terrain d'aventures de la mezzo-soprano, alliée à Raphaël Merlin et Les Forces Majeures, est original, personnel et didactique. Aux airs connus se mêlent des raretés peu enregistrées, à l'opéra "buffa" et "seria" sont mariées mélodies et cantate. Sous ce florilège non-conformiste une musicienne ensoleillée, à la passion authentique, à l'esprit curieux, au travail fascinant.
I - Tempo beato, Elena peut enfin épouser son Malcolm bien-aimé et file des flots de sons heureux , étourdissants. Virtuosité irradiante, ambre et citron, pour "Tanti affetti in tal momento", Rondo final de "La Donna del Lago"(1819), peut-être le premier opéra romantique.
II - Au III/1, "Assisa a piè d'un salice" dans "Otello"(1816). Tempo di lagrime, transparente mélancolie de la harpe, saule ruisselant de soupirs, Desdemona est soeur d'Isaura, blanches aubépines en épines, limpidité du lys, fontaines de douceur. Le chant lent et fioritissimo cisèle haut et bas médium, âme miel et ombre de la tessiture. Karine Deshayes y vibre de fraîcheur, tendresse et sobriété.
III - Pour éloigner ses tourments -"Deh calma o ciel", III/2- Desdemona s'abandonne à la prière, baume d'un cantabile délicat.
IV - Comme un "mezzo tempo", temporale de "La Cenerentola"(II/6-1817), perturbation d' atmosphères "seria". De leur style chatoyant Les Forces Majeures dirigées par Raphaël Merlin déclenchent l'orage, sèment tonnerres, averses, éclairs, récoltent arc-en-ciel et beau temps.
V- Temps enchanteurs, la Karine petite voulait faire Blanche-Neige (www.lefigaro.fr/05.04.2012/François Deletraz), la voilà Cenerentola, toutes deux nées un 25 janvier. Après tout, c'est le même métier : princesse ! Cendrillon le bleuet devient fleur de lotus -"Nacqui all'affanno", Rondo final/II-. Gammes parfumées, cannelle et hespéridés, orfèvrerie rossinienne d'élégance jubilatoire, de vélocité radieuse. Nous sommes au pays des fées !
VI - Comme une friandise, temps de valse, "Nizza"(1836) la canzonetta virevolte. Joueur ou insolent, l'orchestre fait son malin. Les castagnettes gazouillent, les cuivres pètent leurs triolets, le chant verse saphirs multicolores.
VII - Mais soyons "seria" ! Demi - déesse et reine de Babylone, Semiramide nous en impose au III/9, dans "Bel raggio lusinghier". Précieuse et opulente cavatine, puis cabalette de "colorature minute" coruscantes, pour son dernier opéra italien (1823) Rossini nous a mitonné un aria de hardiesse et cristal. Minutie, jeu, nuances, agilité, Karine Deshayes impressionne fortement dans ses jardins suspendus.
VIII - Comme rouge fragilité du coquelicot, temps de langueur, mélodie de "L 'Ame délaissée" (1844). Lentement, sur souffle préromantique, la voix peint des pastels de douleurs (en terres immergées une sensibilité fauréenne). Sillage miroir du violon solo. Pigments légers, harpe, flûte et bois, seuls puis enlacés.
IX - "Giovanna d'Arco"(1832), cantate des deux temps, 19 et 20èmes siècles, Rossini orchestré dans son style par l'ingénieux Salvatore Sciarrino (1947). D'abord Giovanna : la pastorella rêve à sa mission, songe à sa mère, premier air avec récit "E notte...O mia madre". Pour une écriture andantino essentiellement médium et grave, spianato soyeux, moelleux des contrebasses, cuivres et cordes veloutés, sur mousses et fougères nuit dans la forêt. Puis d'Arco : la guerrière décoche ses flèches héroïques dans une cabalette exaltée, second air avec récit "Eppur piange...Ah la fiamma". Flammes du combat, ailes de la victoire, vision de l"angiol di morte" -tel celui à l'épée dans le tableau d'Eugène Thirion/1839-1910/Église de Chatou/"Jeanne d'Arc"-. Ici la musique bondit en haut de la portée. Le théâtre frémit dans la cantate.
X - Pour second "mezzo tempo", temporale du "Barbiere di Siviglia"(II/10), les musiciens du voyage se re-posent en zone "buffa" avec un nouvel orage, composante de la "Rossini's touch". Toujours charmante, mais extrêmement utile, cette ponctuation orchestrale décrit souvent une situation dramatique désespérée qui aura in fine un
dénouement heureux.
XI - XII - "Una voce poco fa"(I/5) et "Contro un cor"(II/3) du "Barbiere di Siviglia "(1816). Temps de piment et de piquant, de bavardages malicieux, allégresse turquoise et corail. Acrobaties vocales exubérantes, Rosina tourbillonne, sensuelle et attachante. Les "trappole" de la Deshayes sont irrésistibles, débauche de couleurs, nuées de légèreté. Paraphrasons Beethoven s'adressant à Rossini : " Surtout, Karine Deshayes, faites- nous beaucoup de Rosina del Barbiere ! "
XIII - Pour finir les esprits se font follets. Premier couplet allegro, la fantaisie mélodie palpite, expressive et pulpeuse. Le 2 est presto fiévreux, rafales électriques. Canzonetta explose au 3, comme une bombe espagnole, la musique scintille, tous exultent prestissimo. Quelle fière allure, le dernier "ya" de la mezzo dans cette "Canzonetta spagnuola" !
Les Forces Majeures embrassent pleinement le langage généreux du Pésarais, civilités comme irrévérences, audace et flamboyance, le dodu uni au vif du son. Raphaël Merlin empanache d'humour ses arrangements de mélodies. Tout le sel rossinien est là, exigeant, ludique, euphorisant, pour accompagner la reine Karine.










